Musée d´Archéologie d´Aleria
Aleria 8000 ans d´histoire 
Aleria, située au cœur de la plaine orientale de la Corse, a été occupée par l´homme dès le VIe millénaire avant J.-C., et constitue l´un des hauts lieux insulaires le plus marqué par l´histoire.
Le plateau tabulaire, sur lequel se trouve la ville, domine la plaine et le fleuve Tavignano de plus de soixante cinq mètres.
Il est situé à proximité de la mer et des étangs et a été habité dès le néolithique ancien par des chasseurs, des pasteurs et des agriculteurs.
Ces groupes bénéficiant d´une situation exceptionnelle, exploitent les richesses naturelles des étangs et de la mer, des forêts et du fleuve. De même ils pratiquent l´élevage et la transhumance, ainsi que la culture des céréales et l´exploitation des minerais et le travail du métal.
Dès le premier millénaire avant J.-C., ces groupes humains, que les auteurs anciens nommaient les Corsi, avaient des relations économiques avec la péninsule italienne, ainsi que les îles et les diverses régions de la Méditerranée.
D´ailleurs, la position de la Corse, au cœur des grandes voies de communication de l´Antiquité, va valoriser le développement des échanges et des contacts.
C´est ainsi que les Phocéens, vont installer leur colonie à Alalia (Aleria) en 565 av. J.-C., ouvrant la Corse aux grandes civilisations de la Méditerranée.
La fouille du site, entreprise depuis quarante ans par Jean et Laurence JEHASSE, montre l´essor spectaculaire de la ville.
Par la mer arrivent les plus riches productions de Grèce, d´Italie du sud, d´Etrurie et de Carthage qui s´échangent contre le bois de l´intérieur, les produits de la terre, mais aussi la cire et le miel ainsi que la poix, et enfin, les métaux, comme le cuivre, le fer et le plomb.
Ces échanges auxquels participe la Corse de l´intérieur, auront pour conséquence de permettre aux insulaires de se déterminer par rapport à l´extérieur, mais aussi d´en subir les influences par la découverte de l´écriture, par l´utilisation de techniques, dans le travail du métal, dans l´architecture, l´agriculture etc., facteur d´un développement économique et de richesses que l´on retrouve au travers des tombes de la nécropole pré romaine d´Aleria. Celles-ci présentent en nombre, des céramiques d´une grande valeur, des armes, des bijoux, des parures et un nombreux mobilier utilitaire de bronze et de fer.
Aleria et la Corse, sont conquises par Cornélius Scipion lors des guerres puniques en 259 av. J.-C..
Il s´agit de la première conquête romaine hors de l´Italie.
Désormais, l´Ile va vivre dans l´orbite de Rome pendant presque huit siècles.
Après une dure conquête qui va nécessiter plusieurs campagnes militaires, Aleria deviendra la capitale de la nouvelle province.
A partir du premier siècle av. J.-C., la ville, devenue colonie sera développée, et embellie par Sylla puis César et enfin Auguste, qui y installeront des citoyens romains, vétérans des légions et à qui seront attribués des terrains.
Le cœur de la ville fut réaménagé, elle fut dotée de remparts, un amphithéâtre fut construit, elle rayonnait sur un vaste arrière pays et elle connut de nouveau une grande prospérité.
Cette paix romaine dura près de quatre siècles. Puis avec le déclin de l´Empire, vinrent les invasions et Aleria fut détruite par les Vandales au début du VIe siècle ap. J.-C..
La disparition de l´administration romaine, l´arrêt des circuits commerciaux, l´insécurité, et surtout la présence de la malaria dans la plaine feront tomber la ville dans l´oubli pendant 1500 ans.
Toutes les tentatives de reprise seront vouées à l´échec, malgré le passage des Lombards, des Byzantins, des Sarrasins, et la volonté des Pisans, mais surtout des Génois qui construisirent le Fort à partir du XIVe siècle.
Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour voir la région d´Aleria connaître un nouveau développement.